SOFATO : des concentrés de tomate made in Burkina d’ici décembre 2021

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L’usine de transformation de la tomate dénommée Société Faso Tomate (SOFATO) qui est une...

L’usine de transformation de la tomate dénommée Société Faso Tomate (SOFATO) qui est une première au Burkina Faso, est un produit de la Société coopérative avec conseil d’administration bâtir l’avenir (SCOOP-CA/BA). SOFATO, sera financée entièrement par l’actionnariat populaire. Pour avoir plus d’informations sur la particularité de leur société, L’Oeil Du Faso a rencontré Aziz NIGNAN, le président du conseil d’administration de la SCOOP-CA/BA et promoteur du projet SOFATO.

L’Oeil Du Faso : Pouvez-vous nous présenter SCOOP-CA/BA, ses activités, ses projets et ses ambitions ?

Aziz NIGNAN : La Société coopérative avec conseil d’administration bâtir l’avenir (SCOOP-CA/BA), est une coopérative d’investissement à base agricole qui va nous permettre d’investir dans tous les différents domaines d’activités. La première activité identifiée est l’usine de transformation de la tomate qui est implantée à Yako dénommée « SOFATO ».  Nous voulons que d’ici 2030, nous soyons le 2e pourvoyeur d’emploi après l’Etat au Burkina Faso. Nous allons travailler à occuper tous les secteurs d’activités afin de  créer une économie communautaire.

D’où vous ait venu l’idée de la création d’une industrie de transformation  de la tomate (SOFATO) ?

Au départ nous étions une association à but non lucratif qui était l’Amical des jeunes commerçants et entrepreneurs du Burkina (AJCEB). Avec nos multiples voyages dans le continent asiatique, nous avons vu comment les pays se développent à travers la solidarité constructive et nous avons jugé bon de copier cela afin de l’adapter à nos réalités. Pour la mobilisation des fonds nous avons trouvé un mécanisme pour faire l’épargne et l’investissement. C’est dans ce sens que nous avons décidé de promouvoir l’actionnariat populaire sous le leadership du Pr Laurent BADO. L’idée nous ait venue depuis l’extérieure, parce qu’on a fait la Chine, la Malaisie, l’Inde et même l’Ethiopie. Nous avons vue comment se fait le développement endogène. Ça veut dire qu’ils se solidarisent et mettent en place des entreprises communautaires qui produisent de la richesse et de l’emploi.

Pourquoi le choix de la province du Passoré ?

C’est une première initiative au Burkina Faso et dans la sous-région, nous avons décidé de commencer à investir dans la tomate parce que c’est un secteur qui est vierge. Au Burkina on produit de la tomate et cela n’est pas transformé et les 1/10de la production n’est même pas écoulé. Dans nos études de faisabilité nous avons constaté que la province du Passoré est une zone à forte production maraîchère. Cela devra permettre la réduction des gouts de production afin d’avoir une bonne rentabilité. Et dans un rayon de 100 km, nous pouvons avoir la matière première nationale à hauteur de 80%. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de nous implanter dans le Passoré plus précisément dans la commune de Gomponsom et à 10km du site de SOFATO, se trouve le barrage de feu Oumarou KANAZOE qui fait 50 km de long et plus de 7  km de large. Ce barrage nous permettra d’exploiter quelques périmètres irrigués pour maitriser notre besoin en matière première.

Qu’est ce qui explique le retard dans l’ouverture de l’usine

Nous avons commencé SOFATO sous la coupe de l’AJCEB, et nous avons été interpellés par le Conseil Régional de l’épargne public qui dit qu’au-delà de 100 actionnaires ça devient comme de l’épargne public et qui est régulé par le Conseil régional et des marchés financiers. Il fallait nous conformer à la loi. A un moment nous étions dans l’obligation de suspendre notre activité afin de nous conformer. Cette suspension nous a duré 8 mois. Il nous fallait suivre la voie légale pour poursuivre l’actionnariat populaire, ce qui a conduit à la création de la Société coopérative avec conseil d’administration bâtir l’avenir (SCOOP-CA/BA). Il y a également la pandémie à coronavirus qui  surgit en début 2020 qui a freiné les activités économiques avec nos partenaires tels que le fabriquant des machines de l’usine parce que confiné.

Quelle sera la capacité de production de l’usine ?

La machinerie que nous voulons utiliser est d’origine turc. Nous aurons une machine de capacité de transformation 300 tonnes de tomate en 8h de travail et qui peut travailler 3 mois sans arrêt.

Comment devenir actionnaire à SCOOP-CA/BA ?

Pour être actionnaire à SCOOP-CA/BA, il faut être une personne physique ou morale tout en adhérent à la SCOOP-CA/BA et ça c’est pour être membre. Pour être membre investisseur, il faut adhérer et prendre des parts sociales. La part sociale fait 5 000 F CFA et l’adhésion aussi 5 000 F CFA. Nous avons défini un minimum de part qu’il faut prendre à l’assemblée générale qui est de 10 parts. L’adhésion peut se faire à travers les payements électroniques comme Orange money : *144*4*1*2606899* montant de la souscription # Ok ou par Moove money : *555*4*1*0062768* montant de la souscription # OK. Après la souscription vous recevrez un accusé de réception de scoop-ca et nosservices vous contacteront pour le reste de la procédure.

Quels sont les garanties pour les investisseurs ?

Cette coopérative suit la loi communautaire de l’acte uniforme OHADA des droits communautaires. Ce que nous pouvons dire aux gens c’est qu’il y a un dispositif de sécurité mise en place pour sécuriser les investissements tel que le conseil d’administration, le comité de surveillance, les commissaires aux comptes et l’assemblée générale qui est l’instance décisionnelle.

Nous savons que l’actionnariat a un cadre rigoureux comment avez réussi à mettre la vôtre en place ?

Dans nos recherches, nous sommes tombés sur un jeune juriste qui a soutenu sur le thème « comment faire sortir l’Afrique de la pauvreté en un temps records, à court, moyen et long terme ». Son thème de recherche étant sur l’actionnariat populaire. Et dans ces recherches il y avait constaté qu’il y a des articles dans l’acte uniforme OHADA des droits communautaires qui permettait de faire la promotion de l’actionnariat populaire. Mais il fallait mettre une société coopérative en place qui allait promouvoir l’actionnariat populaire. Nous sommes également allés voir le Pr Laurent BADO pour avoir des conseils vue que c’est un devancier et voir dans quel cas nous pouvons unifier nos forces. Et comme il le dit toujours l’actionnariat populaire est la seule voie pour le développement endogène. Nous pouvons dire même que c’est le père fondateur de l’actionnariat populaire au Burkina Faso.

Pourquoi ne pas mettre l’usine fonctionnelle et faire appel à l’actionnariat ?

Nous n’avons pas cette capacité financière. C’est une histoire d’argent et nous n’avons pas de garantie pour la banque. C’est un peu complexe. Il faut mobiliser l’épargne, parce que c’est l’argent qui fait l’investissement. Et lorsque cela est une nouvelle société comme la nôtre il n’y a pas de ressource financière. Donc il faut trouver le mécanisme, les voies légales pour aller à la mobilisation de l’épargne intérieure pour l’investissement.

Où en êtes-vous avec le projet ?

Actuellement, Nous avons pu mobiliser plus de 50% du capital recherché qui est de 1milliard 500  repartis en 300 000 parts sociales. Sur le site nous sommes à plus 40% du taux d’exécution des travaux ce qui nous permet de dire que si tout continu comme ça nous allons démarrer entre fin novembre et début décembre.

site web: www.scoopca-ba.com

Propos recueillis par Léa SAMA

 

 

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